Garifuna, peuple de la côte caraïbe.

 

C'est au 17e et 18e siècles que nait le peuple garifuna d'un métissage entre les arahuacos, peuple originaire d'amérique du sud, et des esclaves africains en fuite qui échouent sur l'île San Vicente. La particularité de ce métissage, réside dans la liberté dont jouissaient les esclaves réfugiés sur cette île. Mais au 18e siècle la pression de la colonisation européenne pousse le peuple garifuna naissant à quitter San Vicente, c'est ainsi que suite à la répression par les anglais d'un soulèvement de 5000 garifunas cherchant à défendre leurs terres (1797), ces derniers sont déportés vers l'île de Roatan, face aux Honduras. Entre 1797 et 1836, les garifunas quittent l'île pour aller peupler les côtes honduriennes, depuis le nord vers Trujillo jusqu'à la Mosquitia. Au cours de ce flux migratoire, les garifunas, négociant aussi bien avec les natifs qu'avec les anglais, les français, les espagnols ou les noirs créoles, acquièrent une grande capacité d'adaptation et leur installation sur les territoires côtiers est relativement bien acceptée.

Lors des luttes pour l'indépendance en Amérique Centrale, le peuple garifuna recherche des alliances stratégiques. Engagés tantôt dans l'armée, tantôt dans le secteur forestier, appréciés pour leur habilité à se déplacer sur la mer et leur expérience dans divers domaines tels que la pêche, le commerce, ou le travail de bûcheron, les garifunas s'installent tout le long de la côte caraïbe, du Belize au Nicaragua.

Mais les garifunas ne sont reconnus comme peuple à part entière par le Nicaragua que vers 1980, dans le cadre du Régime d'Autonomie de la Côte Caraïbe. Jusqu'alors, ils étaient connus par le reste de la population comme trujillanos, vicentinos, morenos ou caribes.

La formation de la première communauté garifuna a Pearl Lagoon remonte a 1880 et la plus récente: Orinoco, s'est formée en 1912.

Le flux migratoire cesse aux alentours de 1910 et s'explique sans doute par les conflits frontaliers de l'époque qui limitent les déplacements et coupent les familles garifunas de Pearl Lagoon des familles habitant les Honduras.

Orinoco est aujourd'hui la plus importante communauté garifuna de Pearl Lagoon et du Nicaragua avec environ 1000 habitants, c'est aussi la plus développée, car elle a la particularité d'avoir été ouverte à toute personne voulant vivre là, indépendamment de son origine ethnique.

A noter que depuis que la musique, la langue et la danse garifunas ont été déclarés patrimoine de l'humanité en 2001, un sentiment d'orgueil identitaire s'est developpé et plusieurs initiatives de revitalisation culturelle ont surgit parmi les nouvelles générations, telle que celle qui a vu la naissance du groupe de musique et de danse Spirit Dancers, groupe de jeunes adultes, enfants et adolescents qui redonne vie aux tambours, chants et danses traditionnels des garifunas. C'est ainsi qu'à la fin d'une répétition des Spirit Dancers, le maître des tambours rappelle au groupe ses origines mais aussi leur métissage: - être garifuna, ce n'est pas une couleur de peau, et tous ceux qui veulent venir ici apprendre nos danses, nos chants, notre musique, et nous soutenir pour promouvoir notre culture sont les bienvenus et peuvent se sentir garifunas et fiers. »

Ces initiatives sont très importantes pour le peuple garifuna, surtout après des années de discrimination de la part des groupes ethniques de la côte (créoles et mestizos en particulier) qui ont conduit à la perte de leur identité.

Aujourd'hui les jeunes ont retrouvé la fierté garifuna et se considèrent comme un composant de la fierté costeña, au même titre que les miskitos, les ramas, les ulwas, les créoles et autres ethnies qui habitent les régions Atlantiques du Nicaragua.

 

 

Reportage            :          Herman Campos. Nicaragua.Orinoco.Fevrier 2009

Recherche Texte  :         Julie Zarka.

Ecriture definitive :         Pedro Campos Cuevas