A la découverte du Nicaragua: l’île Omotepe

 

Sur le lac Nicaragua, que les conquistadors espagnols nommèrent “la mer d’eau douce” pour son immensité, se trouve l’île de Omotepe, nom nahuatl qui signifie “deux collines”. En effet,  l’île de 276 kms carrés, contient deux volcans majesteux unis par un isthme: les volcans Maderas (1394m) et Conception (1610m).

Il y a 37.000 habitants sur Omotepe, formant une population métissée qui vit une vie tranquille et simple dans un univers naturel et riche d’histoire. D’ailleurs les historiens racontent qu’à l’époque précolombine, des tribus indigènes du Nord émigrèrent vers le centre du continent, à la recherche d’une terre dominée par deux collines que leurs prêtres rêvèrent et qu’ils croyaient être le Paradis. Ils trouvèrent Omotepe et s’y installèrent.

Plusieurs tribus de diverses cultures s’y mélangèrent, une grande quantité de pétrogliphes, de céramiques et de statues attestent de ce mélange et de cette richesse culturelle.

Les habitants d’Omotepe sont des gents aimables et souriants, amoureux de leur île, ils s’adonnent à la pêche et à l’agriculture, vivant en parfaite harmonie avec leur milieu naturel.

On accède à l’île par Moyogalpa, port d’arrivée et porte d’entrée usuelle. Depuis la rue principale de la ville, on peut voir le volcan Conception, encore en activité, son cône parfait et sa couronne de nuages. La ville est petite et paisible mais elle offre aux visiteurs de nombreux services, tels qu’hôtels, restaurants ou agences de locations de voitures et motocyclettes. On peut escalader le volcan Maderas et Conception sans problème et l’on rencontrera sur ses versants recouverts de jungle épaisse des singes “congos” aux visages blancs ainsi que de nombreuses variétés d’oiseaux et d’insectes.

La dernière éruption de Conception date de 1957, depuis le volcan continue à expulser des gaz et à faire trembler la terre de temps à autre, mais les habitants y sont habitués et d’ailleurs les zones à risques sont parfaitement délimitées par les vulcanologues.

A 11km de Moyogalpa, on trouve la lagune de Charco Verde (Flaque Verte), c’est une réserve naturelle protégée, on y trouve una grande variété de flore et de faune, et ses habitants vous feront profiter des nombreux mythes et légendes liés à l’île, ainsi on pourra connaître l’histoire de Chico Largo, ancien propriétaire de Chaco Verde qui, paraît-il, avait un commerce avec le diable, ou bien celle de Mama Bucha qui revient de l’audelà lors de la Semaine Sainte et qui apparaît portant de l’eau dans des calebasses et fumant le cigare “el puro”.

On peut aussi recontrer des communautés indigènes, comme celle des Urbaite et de Las Pilas, ces communautés ressemblent aux autres communautés de l’île qui sont métissées, ce qui les distingue de ces dernières et les définit comme “indigènes” sont leur capital culturel et leur vie communautaire.

Le second volcan, le Maderas, est éteint, à ses pieds l’on peut trouver des vestiges précolombiens, de nombreux pétrogliphes de diverses grandeurs.

Si Omotepe est un paradis naturel, il est aussi un sanctuaire précolombien qui éblouit ceux qui le visitent, c’est un patrimoine de l’humanité qui doit être prèservé jalousement.

 

 

Reportage :         Herman Campos, Nicaragua, île Omotepe, Janvier 2009

Ecrit par    :         Pedro Campos Cuevas